La finance verte : une croissance à accélérer

La finance verte : une croissance à accélérer


Jean-François Pons
Associé chez Alphalex-Consult

 

 

(publié à l’occasion de la conférence de l’Institut Jacques Delors à la MACIF le 26 mars 2018)

INTRODUCTION

Dès la préparation de la COP 21, une partie du secteur financier dans le monde a commencé à prendre en compte l’impact financier du changement climatique et la nécessité d’orienter des ressources nettement plus importantes pour financer la transition vers une économie bas carbone. Le secteur des assurances a été le premier à se mobiliser en raison des risques accrus par le changement climatique en ce qui concerne l’augmentation des sinistres, mais aussi des risques de dévalorisation des portefeuilles liés aux énergies fossiles. La plupart des autres entrepr¡ses fínancières, banques et autres investisseurs institutionnels, se sont également mobilisées en ce sens. L’Accord de Paris de décembre 2015 a conforté cette évolution, d’autant qu’il a été ratifié rapidement par la quasi-tota¡ité des Etats signataires. Aujourd’hui, c’est une très grande majorité des acteurs privés et publics du secteur financier qui a commencé d’accroître les financements destinés à la trans¡tion énergétique.

L’attitude de l’administratíon Trump vis-à-vis de l’Accord n’a pas freiné ce basculement du secteur privé, parce qu’elle n’a pas été suivie par d’autres pays signataires et parce que, aux Etats-Unis même, la plupart des grands Etats, des grandes villes et du secteur privé sont engagés dans la lutte contre le changement climatique. La croissance des volumes de la finance “verte” s’est poursuivie en 2017, mais ces volumes demeurent encore insuffisants par rapport aux besoins, ainsi que par rapport au volume total des financements dans le monde.

Le Rapport du “Groupe des experts de haut niveau” auprès de la Commission européenne, publié en janvier 2018, ainsi que le Plan d’action de la Commission européenne publié le 8 mars, qui a largement suivi les recommandations du Rapport, donnent aux acteurs publics, mais surtout aux acteurs privés, la possibilité d’accélérer le financement de la transition, ce qui est souhaitable et urgent.

La finance verte est en général définie comme celle qui finance des objectifs écologiques, au premier rang desquels le financement des investissements pour la transition énergétique. Cet article se concentre sur ce type de fínancement, qui a connu un fort développement, comme le montre la croissance du marché des “Green bonds” (obligations vertes).

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